La permanence des habitant·es, chaque mercredi de 17h30 à 20h, au 123 galerie de l’Arlequin, 38100 Grenoble.
Logement, patrimoine, jardins, projets du quartier : venez avec vos questions et vos idées. Pas besoin de prévenir, pas besoin d’être expert. Entrée libre. En ce moment : relançons le journal du quartier ! Répondez au sondage en 5 minutes. Participer à l’amélioration de l’espace associatif du 123 Galerie de l’Arlequin et un habitat participatif populaire.
Le 26 octobre, l’Assemblée européenne du logement a réuni en ligne des mouvements d’habitants, des syndicats de locataires et des collectifs venus de France, d’Italie, d’Espagne, de Belgique et du Portugal. Elle a décidé de porter le droit au logement dans chacune des grèves et mobilisations nationales de novembre, avec une voix européenne commune.
L’Assemblée européenne du logement rassemble des mouvements d’habitants, des syndicats de locataires, des collectifs contre les expulsions et des campements pour le logement de toute l’Europe. Ensemble, nous avons construit une plateforme politique commune pour faire reconnaître le logement comme un droit, et non comme une marchandise.
Notre démarche avance sur deux jambes. D’un côté, nous portons nos revendications auprès des institutions européennes, au moment où la Commission prépare son plan pour le logement abordable et où le Parlement s’apprête à examiner un Housing Act. De l’autre, nous relions les luttes menées dans chaque ville et chaque pays, parce que c’est leur force collective qui peut faire bouger les décisions. Le 26 octobre, nous nous sommes réunis pour faire le bilan de notre délégation à Bruxelles et décider de la suite.
À Bruxelles le 14 octobre, la Task Force logement de la Commission européenne a reconnu devant notre délégation que le plan européen pour le logement abordable ne résoudra pas la crise. Elle a aussi indiqué qu’il n’y avait pas de ressources pour construire du logement public, alors que les budgets militaires augmentent. Nos revendications restent claires :
un droit au logement en propriété collective ou coopérative, en location permanente ;
un droit au logement reconnu comme service d’intérêt général, et non comme un marché pour les investisseurs ;
une révision des règles européennes sur les aides d’État ;
un fonds européen dédié dans le budget 2028-2034 ;
au moins 150 milliards d’euros pour 650 000 logements publics.
La leçon de cette délégation est simple : le dialogue avec les institutions ne suffit pas. La Commission a entendu nos propositions, mais elle ne s’est engagée à rien, et les moyens annoncés sont dérisoires face aux besoins. Pour toute réponse, elle nous invite à rejoindre son « Alliance pour le logement ». Mais cette alliance réunit surtout les promoteurs, les investisseurs et les lobbies de l’immobilier, c’est-à-dire ceux qui profitent de la crise. On ne peut pas confier la solution à ceux qui fabriquent le problème.
Face à l’alliance des intérêts financiers, nous opposons l’alliance des luttes du logement : celle des locataires, des mal-logés, des personnes menacées d’expulsion, des jeunes, des syndicats et des mouvements d’habitants de toute l’Europe. Cette alliance ne se construit pas dans les bureaux de Bruxelles, mais dans les quartiers, les campements et les cortèges. C’est là que naît le rapport de force capable d’imposer une véritable politique européenne du logement. C’est pourquoi, après Bruxelles, la bataille se joue dans la rue.
Depuis plusieurs semaines un puissant mouvement social traverse de nombreux pays européens. En France, un mouvement parti de la jeunesse bloque lycées et universités, et près d’un million de personnes ont manifesté le 17 octobre contre la vie chère. En Espagne et en Italie, les mouvements pour le logement préparent des journées nationales. En Belgique, les locataires sociaux ont obtenu le report à 2028 d’une forte hausse des loyers. Au Portugal, des milliers de personnes manifestent depuis deux semaines contre une nouvelle loi qui faciliterait les expulsions. Selon le mouvement pour le logement de Porto, les prix y ont augmenté de 41 % entre 2020 et 2025, la plus forte hausse de l’Union. Le mouvement dénonce des évacuations policières de campements pacifiques et des arrestations, et appelle à la solidarité internationale.
Nous avons décidé de porter la plateforme européenne dans chaque mobilisation nationale qui vont se dérouler tout au long du mois de novembre. Les dates sont différentes selon les pays, mais il s’agit d’une seule et même lutte : contre la spéculation, la touristification, les expulsions et la hausse des loyers. Un groupe de travail prépare une communication commune, avec un visuel et un slogan identiques dans toutes les manifestations. Nous appelons aussi à signer et à faire signer l’Initiative citoyenne européenne « Droit au logement ».
29-30 octobre : Marathon international Expulsions zéro
5 novembre : grève générale en France
11 novembre : journées pour le droit au logement en Espagne et en Italie
20 novembre : grève générale en Italie
23 novembre : grève générale en Belgique
25 novembre : grève générale en Grèce
Faisons vivre l’alliance des luttes du logement : rejoignez le cortège logement près de chez vous !
La permanence des habitant·es propose de lancer un nouveau média à la Villeneuve, avec un premier numéro avant la fin de l’année. Mais ce journal, c’est à vous de le dessiner.
« Soyons les médias »
À l’automne 2013, un reportage télévisé présentait la Villeneuve comme un ghetto replié sur lui-même. Indigné·es, des centaines d’habitant·es se sont réunis en assemblée populaire. Pétitions, film monté en un temps record, plainte en diffamation : le quartier a repris la parole sur lui-même. De cet élan est né un journal.
Aujourd’hui, nous voulons poursuivre ce travail. Un journal fait par les habitant·es, pour les habitant·es, qui raconte le quartier tel qu’on le vit.
Votre avis en 5 minutes
Avant de nous lancer, nous avons besoin de savoir ce que vous attendez : à quelle fréquence ? À quel prix ? Où le trouver ? De quoi doit-il parler ? Quel titre ? Avez-vous envie d’y participer ?
Le sondage existe aussi en version papier, à remplir et à déposer à la permanence. Il est ouvert jusqu’au 16 novembre.
Et maintenant ?
Venez en parler mercredi 4 novembre, de 18h30 à 20h, au 123 galerie de l’Arlequin. Tout le monde est bienvenu, que vous écriviez, photographiiez, dessiniez… ou que vous ayez simplement une histoire à raconter.
Après le sondage, un comité de rédaction se réunira pour choisir les sujets du premier numéro.
Chaque mercredi soir, au 123 galerie de l’Arlequin, la permanence des habitant·es réunit celles et ceux qui veulent agir sur l’avenir de la Villeneuve. Le 21 octobre, habitant·es, étudiant·es, associations, l’élue du secteur et le directeur de territoire y ont croisé sept projets : un habitat participatif dans les coursives, un « campus Villeneuve », une classe de la paix, un chantier d’apprentissage à Cluny, des jardins, le Patio et la relance d’un journal de quartier. Tous s’inscrivent dans une longue histoire.
Une tradition de participation
À la Villeneuve, la participation des habitant·es n’est pas une nouveauté : elle est née avec le quartier. Dès les années 1970, les Commissions Villeneuve associent les usagers à la conception des logements et des équipements. Après la révolte de l’été 2010, une expérimentation de community organizing, inspirée du sociologue Saul Alinsky, donne naissance à l’Alliance citoyenne. En 2012, l’association Planning est créée pour lutter contre les démolitions et animer l’Atelier populaire d’urbanisme (APU), qui publie en 2016 un projet urbain alternatif, Plaidoyer pour Villeneuve, et participe à la coconstruction du nouveau projet urbain.
La permanence des habitant·es poursuit ce travail « dans les pas de Michel Anselme » et de Jean Maglione. Chaque mercredi soir, on y parle de la vie du quartier, du patrimoine de la Villeneuve, de l’avenir des logements et des initiatives locales. Tout le monde y est bienvenu.1
Au 120 Arlequin, habiter autrement les coursives
Le 21 octobre, Laurent Richard, directeur de territoire, et Cécile Cenatiempo, élue du secteur 6, avaient répondu à l’invitation lancée par la permanence dans une lettre du 12 octobre. La proposition : expérimenter un pacte de coopération, sur le modèle des pactes de collaboration de Bologne, c’est-à-dire « un accord écrit, public et limité dans le temps, où chacun s’engage selon ses moyens ». La Ville et le bailleur ACTIS apporteraient les locaux, les matériaux, l’assurance et l’encadrement technique ; les habitant·es et les associations, le travail, l’entretien, l’animation et l’ouverture au public.
Le pacte commencerait au 123 Arlequin. Malgré des dégâts des eaux qui perturbent les activités depuis plusieurs mois, les habitant·es continuent d’aménager l’espace associatif pour le rendre accueillant, convivial et sécurisant. Ils proposent d’y organiser un chantier ouvert au public, reprenant l’idée lancée le 10 octobre par l’élu Vincent Berlandis d’étendre les chantiers ouverts aux bâtiments, et d’en faire une pépinière associative ouverte au conseil citoyen indépendant, aux étudiant·es, aux chercheur·es et à une classe de la paix.
Il se poursuivrait au 120 Arlequin, voisin. L’immeuble compte 68 logements sociaux d’ACTIS, des locaux associatifs et une crèche municipale. La Ville est favorable à sa réhabilitation, mais aucun calendrier ni financement n’existe dans le cadre de l’ANRU 2, et la perspective d’un ANRU 3 reste incertaine. En attendant, ACTIS ne reloue plus les logements libérés, et l’immeuble a connu occupations sans titre, incendie, trafics et dégradations. L’association Fusée y a mené un projet artistique de réinvestissement des espaces communs, « Les Vincent du 120 ». La piste discutée : qu’ACTIS mette une coursive à disposition dans le cadre de l’urbanisme transitoire, comme aux Volets Verts ou à la Correspondance, pour que des habitant·es rénovent eux-mêmes des logements vacants.
Les coursives de l’Arlequin, de véritables « rues » intérieures.
L’idée d’habiter autrement les coursives a une longue histoire. Dans les années 1970, une « coopérative des œufs » était née sur les paliers. Plus récemment, l’APU a organisé des apéros dans les coursives pour « réactiver un lieu, montrer son potentiel et raviver une mémoire », et a contribué à l’organisation des comités d’habitant·es. Ces espaces restent pourtant au cœur d’un débat : les gestionnaires veulent souvent réduire leur taille et supprimer les cheminements, quand des habitant·es rappellent leur rôle dans la rencontre entre voisin·es. Un équilibre reste à trouver.
Le collectif « Coup d’Étage » avait déjà imaginé un habitat groupé dans une coursive, avec une laverie, une cuisine collective, un atelier et un centre média partagés. L’idée a été reprise par les Habiles ; un projet au 40 galerie de l’Arlequin a échoué sur le financement des espaces partagés. Plus récemment, un diagnostic mené avec Habitat Participatif France au 10 Arlequin a étudié le retour possible des habitant·es délogé·es par la démolition, et des ateliers organisés notamment avec Urbamonde ont contribué à une initiative nationale sur l’habitat participatif dans les quartiers populaires. Le pacte du 120 prolonge ces expériences, et pourrait intéresser d’autres collectifs, y compris pour mieux maîtriser des charges beaucoup trop élevées à la Villeneuve.2
Et maintenant ? La permanence va rencontrer le service innovation sociale d’ACTIS pour avancer sur la mise à disposition d’une coursive. En parallèle, un temps de travail permettra de monter en compétence sur l’habitat participatif populaire, en s’inspirant d’expériences françaises et européennes comme l’autorecupero italien ou les coopératives d’habitants. Le projet sera aussi relié aux échanges engagés avec la Task Force Logement de la Commission européenne, et les programmes URBACT seront étudiés pour trouver des financements. Toutes celles et ceux qui le souhaitent peuvent rejoindre le groupe WhatsApp « Habitat Participatif Villeneuve », ainsi que le groupe dédié à l’espace commun du 123 ; un réseau national prépare par ailleurs une rencontre à Bourges.
Vers un « campus Villeneuve »
Deuxième chantier : rapprocher durablement les universités, les associations et les habitant·es pour créer un « campus Villeneuve » fondé sur les apprentissages sociaux. Les universités font partie du projet du quartier depuis l’origine, mais les deux mondes se sont longtemps ignorés. L’école d’architecture, construite par Roland Simounet au croisement des galeries de l’Arlequin et des Baladins, était à l’origine traversée par une rue piétonne, « pour que les habitants participent à la vie de l’école et les architectes à la vie des quartiers ». Elle s’est depuis repliée sur elle-même. Non loin, la Cité des territoires (2002) accueille l’Institut de géographie alpine et l’Institut d’urbanisme créé par Jean Verlhac, dont l’IUGA est l’héritier.
La Cité des territoires, à quelques centaines de mètres de l’Arlequin.
Depuis 2013, l’APU expérimente la recherche participative avec des chercheur·es dans l’espace public. Un séminaire habitant·es-chercheur·es a été organisé en juin 2015 (voir la publication Les Tours d’en face), suivi d’un projet de fin d’études : « co-construire les localités de la Villeneuve à partir de ses ressources ». En dix ans, les projets d’étudiant·es et de recherche menés avec les habitant·es se sont multipliés, au point qu’il faudrait aujourd’hui les archiver.
Aujourd’hui, la dynamique se poursuit avec un projet d’université populaire, dont les deux premières séances s’intitulent « Qu’est-ce qui nous soulève ? Images et imaginaires des révoltes sociales » et « Justice sociale et droit à la ville : retour sur le 17 octobre à Grenoble ». Les étudiant·es de l’école d’architecture mènent à la Villeneuve le projet res publica. La réflexion porte aussi sur les cheminements, en écho aux travaux de Jean-Louis Cohen sur l’AUA et à la thèse de Jean-François Augoyard sur les cheminements quotidiens des habitant·es de la Villeneuve dans les années 1970. Michel Anselme insistait déjà sur « l’importance des relations tissées quotidiennement entre les chercheurs et les habitants pour produire une nouvelle perception du territoire ».3
Et maintenant ? La permanence soutient la mobilisation des étudiant·es avenue Marie Reynoard (groupe WhatsApp Mobilisation Sud) et appelait à manifester le 22 octobre devant l’IUGA. Les étudiant·es de res publica vont diffuser un sondage, que chacun·e est invité·e à remplir. Une restitution de leurs travaux est envisagée autour d’un repas partagé au Barathym, peut-être fin avril, avec un « jury des habitant·es ». Pour les accueillir dans de bonnes conditions, ainsi que les stagiaires, une demande de local au 123 Arlequin sera adressée au service de la vie associative. Reste enfin un chantier de fond : archiver les nombreux travaux réalisés depuis dix ans.
Une classe de la paix au 123 Arlequin
Autre projet né au 123 : avec l’École de la Paix, l’espace associatif du 123 Arlequin accueille une classe de la paix pour favoriser le vivre-ensemble. L’initiative s’inscrit dans un projet plus large de territoire de paix, en lien avec l’Université internationale Terre Citoyenne. Elle veut expérimenter des mécanismes de résolution des conflits à partir de méthodes éprouvées : process work, théorie U, communication non violente.
Transformer les tensions d’une cité en parole publique plutôt que de les taire.
Le titre du livre de Michel Anselme, Du bruit à la parole, résume l’enjeu. La permanence n’a jamais cherché à éviter les conflits : le Plaidoyer pour Villeneuve consacre tout un chapitre à un « Éloge du conflit », qui montre comment le conflit peut devenir un moteur de transformation d’un quartier. La classe de la paix veut donner à ces pratiques des méthodes et un cadre durable.4
Et maintenant ? La classe de la paix s’installe au 123 Arlequin, en partenariat avec l’École de la Paix. Habitant·es et associations intéressé·es par ces méthodes de résolution des conflits sont les bienvenu·es pour y participer.
Apprendre ensemble, jusqu’à Cluny
Si les habitant·es de la Villeneuve savent agir sur le cours des choses, c’est grâce à des « apprentissages sociaux » : des capacités acquises lors des mobilisations passées, puis diffusées dans la population. Ce phénomène remonte aux expérimentations sociales des années 1970, en particulier au projet éducatif de la Villeneuve, et s’est enrichi à chaque nouvelle expérience. Ces dernières années, des voyages apprenants l’ont élargi à d’autres territoires.
La Maison des utopies en expérimentation, dans le Clunisois.
Les chantiers à la Maison des utopies en expérimentation (MUE) prolongent cette transmission, en reliant la Villeneuve à d’autres lieux qui inventent leurs règles en commun.5
Et maintenant ? Le prochain chantier aura lieu du 11 au 13 décembre à la MUE, organisé par les cercles « Transmettre les usages » et « Économie ». Pour prolonger les apprentissages engagés et contribuer à ce commun, il faut s’inscrire le plus rapidement possible : nuage.en-commun.net/s/S4EA8g8g4Zz2HY2, en ajoutant son nom dans l’onglet INFOS.
L’écologie populaire prend racine
À la Villeneuve, l’écologie populaire a déjà une histoire. Le pôle développement durable de la Régie de quartier, créé sous l’impulsion de l’écologiste René de Céglié, a lancé un « mois du développement durable ». Des habitant·es ont cultivé spontanément des espaces abandonnés, comme le « jardin des Poucets » sur la place des Géants ou un jardin sur le toit du parking-silo. Au moment de la destruction des anciens parkings silos, la municipalité a accepté la création d’un jardin collectif, financé par l’ANRU.
Les jardinières sur les toits des anciens parkings silos
Le Plaidoyer proposait de faire de la Villeneuve un « territoire pilote en agriculture urbaine », avec jardins partagés, parcelles pédagogiques, ferme urbaine et partenariats avec la recherche. Next Planning a écrit le projet de ferme urbaine financé par l’ANRU, devenu la ferme des Mille Pousses.6
Aujourd’hui, une nouvelle page s’ouvre : Anne a réservé un jardin de 20 m² avec la Régie de quartier et Lovelyne, du collectif VIVE, pour y planter des légumes africains et souhaite mener plusieurs projets.
Et maintenant ? Le jardin sera mis en lien avec les étudiant·es de l’école d’architecture qui travaillent sur l’alimentation. Ce sera aussi l’occasion de transmettre l’histoire des jardins de la Villeneuve et de poursuivre la réflexion sur l’écologie populaire. Les comités d’habitant·es seront mobilisés pour planter les jardinières.
Le Patio, une ruche municipale à réhabiliter
« Comment décrire cette étrange et énorme météorite qu’est l’institution centrale d’animation et dont on se demande de quel firmament elle a bien pu tomber ? » (Jean-François Augoyard, 1979)
Au cœur de la mégastructure de l’Arlequin, le Patio est une ruche qui s’étage sur plusieurs niveaux, reliés par des escaliers et par les totems de l’Arlequin du plasticien Rougemont. C’est à la fois un passage entre le parc et la galerie et un forum qui distribue un café, une bibliothèque, un lieu d’exposition, un centre social, une salle de spectacle, un centre audiovisuel et des services administratifs : le lieu des interactions quotidiennes entre les habitant·es et les institutions. Le café associatif le Barathym a longtemps servi de « bureau temporaire » à l’APU, et l’Espace 600 a souvent accueilli les grandes réunions publiques sur la rénovation urbaine. La maison du projet, elle, se résume à une maquette et quelques panneaux, sans véritable ambition de construire un espace de participation.
Un atelier de l’APU dans le Patio (crédit : Planning).
Le 21 octobre, la collégiale du Barathym a rencontré le service municipal chargé de la réhabilitation. Le projet prévoit d’intervenir sur l’enveloppe du bâtiment (fenêtres, étanchéité, amélioration énergétique), de mutualiser les espaces associatifs et d’ouvrir l’Espace 600 sur le parc. Ces travaux sont indispensables, mais il serait dommage de réhabiliter le Patio sans améliorer vraiment les usages des habitant·es et des associations.7
Le plan du rez-de-chaussée du Patio dans le projet de réhabilitation.
Et maintenant ? La permanence propose d’organiser un cycle d’ateliers participatifs pour faire connaître le projet de réhabilitation au plus grand nombre. L’objectif : formuler ensemble un projet qui prenne en compte les demandes du Barathym, de l’Espace 600 et des habitant·es.
« Soyons les médias »
À l’automne 2013, un reportage d’Envoyé spécial, « La Villeneuve : le rêve brisé », présente le quartier comme « un ghetto, replié sur lui-même, synonyme d’échec et gangrené par la violence ». Indigné·es, des centaines d’habitant·es se réunissent en assemblée populaire et s’organisent en trois groupes : « Action », « Droit de réponse » et « Soyons les médias ».
Des pétitions recueillent plusieurs milliers de signatures, une centaine de personnes décryptent le reportage avec le sociologue Jérôme Berthaut, un premier film est monté en un temps record, et une collecte de 4 000 euros finance une plainte en diffamation contre France Télévisions. En janvier 2014, le CSA estime que la chaîne a manqué à ses obligations. Des chercheurs parlent alors de « diffamation territoriale ».
Habitant·es et caméras à la Villeneuve.
C’est dans cet élan que naît un journal participatif pendant que le documentaire La Villeneuve, l’utopie malgré tout (2015) est tourné en immersion dans le quartier. Cette riposte illustre le « pouvoir d’agir » des habitant·es : leur capacité à reprendre la parole sur leur propre quartier plutôt que de subir l’image qu’on en donne.
Faute de moyens le journal participatif a cessé de paraître début 2025. La permanence propose de lancer un nouveau média, avec un premier numéro avant la fin de l’année, financé par le Fonds de participation des habitants.
Et maintenant ?
Pour avancer, chacun·e est invité·e à remplir le questionnaire, en cinq minutes : fréquence de parution, prix, lieux de diffusion, thématiques, titre, envie de participer… Les questionnaires sont disponibles et peuvent être déposés à la permanence, le mercredi soir au 123 Arlequin ; n’hésitez pas à les faire circuler. Un comité de rédaction se réunira ensuite pour choisir le contenu du premier numéro, avant de le réaliser et de le diffuser dans le quartier. Un groupe WhatsApp est dédié au projet. « Soyons les médias » !
Rejoignez-nous !
Prochaine permanence : mercredi 4 novembre, de 18h30 à 20h, au 123 galerie de l’Arlequin, 38100 Grenoble.
💛 Après le 17 octobre, prenons soin de nous et les un·es des autres. Une mobilisation intense peut laisser des traces, parfois dans les jours ou les semaines qui suivent : fatigue, insomnies, cauchemars, images qui reviennent, sursauts, envie de tout éviter ou sentiment de vide. Ces réactions sont normales, et personne ne devrait les traverser seul·e. Voici la brochure « Trauma et blessures »qui s’adresse : 🔹 aux personnes qui ont besoin de soutien, 🔹 à celles qui soutiennent un·e proche, 🔹 à nos collectifs, avec des pratiques concrètes pour prendre en compte les traumas.
⚠️ Elle parle de trauma, de sidération et de violences policières. Lisez-la quand vous vous sentez prêt·es. N’hésitez pas à la partager largement
🎨 Image : d’après l’illustration de couverture de Chloe Palmer pour la brochure « Police Brutality & Activist Trauma Support and Recovery », Roots of Change Collective (Aotearoa / Nouvelle-Zélande), 2019.