L’alliance des luttes du logement

Le 26 octobre, l’Assemblée européenne du logement a réuni en ligne des mouvements d’habitants, des syndicats de locataires et des collectifs venus de France, d’Italie, d’Espagne, de Belgique et du Portugal. Elle a décidé de porter le droit au logement dans chacune des grèves et mobilisations nationales de novembre, avec une voix européenne commune.

L’Assemblée européenne du logement rassemble des mouvements d’habitants, des syndicats de locataires, des collectifs contre les expulsions et des campements pour le logement de toute l’Europe. Ensemble, nous avons construit une plateforme politique commune pour faire reconnaître le logement comme un droit, et non comme une marchandise.

Notre démarche avance sur deux jambes. D’un côté, nous portons nos revendications auprès des institutions européennes, au moment où la Commission prépare son plan pour le logement abordable et où le Parlement s’apprête à examiner un Housing Act. De l’autre, nous relions les luttes menées dans chaque ville et chaque pays, parce que c’est leur force collective qui peut faire bouger les décisions. Le 26 octobre, nous nous sommes réunis pour faire le bilan de notre délégation à Bruxelles et décider de la suite.

À Bruxelles le 14 octobre, la Task Force logement de la Commission européenne a reconnu devant notre délégation que le plan européen pour le logement abordable ne résoudra pas la crise. Elle a aussi indiqué qu’il n’y avait pas de ressources pour construire du logement public, alors que les budgets militaires augmentent. Nos revendications restent claires :

  • un droit au logement en propriété collective ou coopérative, en location permanente ;
  • un droit au logement reconnu comme service d’intérêt général, et non comme un marché pour les investisseurs ;
  • une révision des règles européennes sur les aides d’État ;
  • un fonds européen dédié dans le budget 2028-2034 ;
  • au moins 150 milliards d’euros pour 650 000 logements publics.

La leçon de cette délégation est simple : le dialogue avec les institutions ne suffit pas. La Commission a entendu nos propositions, mais elle ne s’est engagée à rien, et les moyens annoncés sont dérisoires face aux besoins. Pour toute réponse, elle nous invite à rejoindre son « Alliance pour le logement ». Mais cette alliance réunit surtout les promoteurs, les investisseurs et les lobbies de l’immobilier, c’est-à-dire ceux qui profitent de la crise. On ne peut pas confier la solution à ceux qui fabriquent le problème.

Face à l’alliance des intérêts financiers, nous opposons l’alliance des luttes du logement : celle des locataires, des mal-logés, des personnes menacées d’expulsion, des jeunes, des syndicats et des mouvements d’habitants de toute l’Europe. Cette alliance ne se construit pas dans les bureaux de Bruxelles, mais dans les quartiers, les campements et les cortèges. C’est là que naît le rapport de force capable d’imposer une véritable politique européenne du logement. C’est pourquoi, après Bruxelles, la bataille se joue dans la rue.

Depuis plusieurs semaines un puissant mouvement social traverse de nombreux pays européens. En France, un mouvement parti de la jeunesse bloque lycées et universités, et près d’un million de personnes ont manifesté le 17 octobre contre la vie chère. En Espagne et en Italie, les mouvements pour le logement préparent des journées nationales. En Belgique, les locataires sociaux ont obtenu le report à 2028 d’une forte hausse des loyers. Au Portugal, des milliers de personnes manifestent depuis deux semaines contre une nouvelle loi qui faciliterait les expulsions. Selon le mouvement pour le logement de Porto, les prix y ont augmenté de 41 % entre 2020 et 2025, la plus forte hausse de l’Union. Le mouvement dénonce des évacuations policières de campements pacifiques et des arrestations, et appelle à la solidarité internationale.

Nous avons décidé de porter la plateforme européenne dans chaque mobilisation nationale qui vont se dérouler tout au long du mois de novembre. Les dates sont différentes selon les pays, mais il s’agit d’une seule et même lutte : contre la spéculation, la touristification, les expulsions et la hausse des loyers. Un groupe de travail prépare une communication commune, avec un visuel et un slogan identiques dans toutes les manifestations. Nous appelons aussi à signer et à faire signer l’Initiative citoyenne européenne « Droit au logement ».

  • 29-30 octobre : Marathon international Expulsions zéro
  • 5 novembre : grève générale en France
  • 11 novembre : journées pour le droit au logement en Espagne et en Italie
  • 20 novembre : grève générale en Italie
  • 23 novembre : grève générale en Belgique
  • 25 novembre : grève générale en Grèce

Faisons vivre l’alliance des luttes du logement : rejoignez le cortège logement près de chez vous !