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Le collectif contre les démolitions imposées demande à Eric Piolle un Referendum d'Initiative Citoyenne #RIC

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Grenoble, Le 7 janvier 2019

Monsieur le maire,

Nous vivons fort heureusement une période où le pouvoir exorbitant de l’État est contesté et la demande populaire pour l’organisation de Référendum d’Initiative Citoyenne (R.I.C.) est posée avec force. Une commission Nationale du Débat Public qui a pour mission de recueillir les avis des citoyens a ainsi été créée. Et notre commune s’honore en ouvrant des cahiers de doléances.

Le 18 décembre dernier, vous avez, vous-même, publié sur votre page FaceBook un fervent plaidoyer en faveur du RIC. A cette occasion, à juste titre, vous avez déclaré que :
- « Il ne faut pas s’étonner que la colère éclate si les expérimentations démocratiques sont torpillées : les aspirations des citoyens doivent être entendues. Si on met un couvercle dessus…
ça éclate. On en est là. »
- « C’est un super outil, qui permet aux citoyens de faire accélérer les élus, ou de mettre un véto sur une politique qui ne va pas. C’est l’avenir. La société est en avance sur les politiques.»
- « Ici à Grenoble, on espère que ca va bouger. Mais ça ne nous empêche pas d’agir. »

La convention que vous allez signer avec l’Agence Nationale de la Rénovation Urbaine (ANRU) prévoit la démolition de 303 logements sociaux (95 au 20 Arlequin, 49 au 160 Arlequin, 159 équivalents logements pour la résidence ADOMA). Elle chiffre à 27,1 M€ la démolition, en 2021, de 326 autres logements (60 sud, 90, 110, 120 Arlequin) soit au total 629 logements
sociaux, auxquels il faut sans doute ajouter les 96 logements du 10 Arlequin que l’ANRU a refusé de réhabiliter et sur lesquels la Convention est, par contre, muette. C’est donc plus de 30% logements de l’Arlequin dont XX% des logements sociaux qui sont concernés par ces démolitions…

Vous connaissez bien l’opposition que suscitent ces démolitions dans notre quartier puisque :
- depuis le mois de juin, 3 recours dont 2 au Tribunal administratif ont été déposés par les habitants contre la Concertation réglementaire, le Protocole de Relogement du 10/20 et le non-respect des engagements de réhabilitation du 10/20 Arlequin pris par SCIC-Habitat quand elle a acheté les bâtiments au ¼ du prix normal
- le 18 juin 2018, vous avez dû organiser à la demande de 2000 Grenoblois qui ont signé notre pétition « Non à la démolition du 20 Arlequin » un débat sur le sujet lors du Conseil municipal
- le 20 octobre, la réunion de présentation du « projet » devant une salle 150 comble a été assez houleuse et s’est conclue sur la proclamation finale d’un groupe d’habitantes : « non à la
démolition ! »

La question de la démolition des logements sociaux est donc une question essentielle de la réhabilitation de notre quartier pour laquelle comme vous le dites si bien : « les aspirations des
citoyens doivent être entendues ». C’est pourquoi, avant tout vote de nos élus en Conseil municipal et en Conseil métropolitain, nous vous demandons de mettre en place un R.I.C. qui soumettrait, aux habitants du quartier de la Villeneuve de Grenoble compris dans le périmètre du projet ANRU, la question suivante : « Pour ou contre la démolition de logements sociaux dans notre quartier »

Monsieur le maire, c’est le moment de prendre une initiative forte afin que l’avis des principaux concernés - c'est-à-dire la population de notre quartier - puisse prévaloir. Des référendums comparables sur ce même sujet ont déjà été mis en place avec succès, dans le cadre de la Loi actuelle, à Hombourg-le-Vieux et à Pantin : pourquoi la Ville de Grenoble s’y refuserait-elle sur un sujet qui engage la vie quotidienne de plus de 12 000 de ses habitants pour les 30 ans à venir ?

Compte tenu du temps minimum nécessaire pour faire campagne avant le vote de la Convention qui doit normalement intervenir au Conseil municipal du 4 février, il nous semble souhaitable que la décision d’engager ce R.I.C soit prise au plus tard le vendredi 18 janvier. Sachez que, bien entendu, nous nous tenons à votre disposition pour faciliter sa mise en œuvre.
Dans l’attente de votre réponse que nous espérons positive, veuillez agréer, M. le maire, l’expression de nos salutations distinguées.

Le Collectif contre les démolitions imposées