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Suite de la campagne nationale contre les démolitions imposées

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POUR LE DROIT AU LOGEMENT ET LE DROIT A LA VILLE

Nous proposons de rediscuter de la campagne nationale contre les démolitions imposées, pour le Droit au logement et le Droit à la Ville. Il s'agit de s'inscrire dans la suite des discussions entamées à Nanterre puis à l'Université d'été des Mouvements Sociaux. Nous voulons rappeler à travers ce message les raisons qui nous poussent à vouloir faire émerger cette campagne et les pistes que nous envisageons. Nous souhaitons partager ce texte avec vos mouvements respectifs, afin qu'il puisse être discuté et amendé.

Les raisons profondes d'une campagne nationale contre les démolitions

Nous pensons que les personnes qui détiennent le plus de pouvoir sur les projets de rénovation urbaine se trouvent actuellement au niveau national, au sein de l'ANRU, notamment Action Logement, du gouvernement et du Commissariat Général à l'Egalité des Territoires (CGET). Il s'agit notamment du comité d'engagement de l'ANRU qui discute avec les mairies venant déposer des projets. Il ne s'agit pas dédouaner les municipalités de leurs responsabilités, ni les excuser pour les positions qu'elles tiennent mais il nous semble indispensable d'agir en direction de l'ANRU pour exprimer notre refus des démolitions imposées, mener des campagnes de plaidoyer et construire des alternatives.

Pour notre collectif, ce constat s'est imposé après des années de lutte contre les démolitions où se sont succédés plusieurs pouvoirs locaux de diverses tendances politiques marquées à gauche. Visiblement, les pouvoirs locaux n'arrivent pas à imposer des projets qui ne comportent pas de démolition. Nous sommes nombreux à penser qu'il s'agit d'un manque de courage politique et que les élus locaux devraient se battre aux côtés des habitants pour exiger la démocratie, et le stricte respect de la loi Lamy de février 2014 qui impose la co-construction avec les habitants. Toutefois, il n'est pas suffisant d'agir seulement en direction des élus locaux alors qu'une partie du pouvoir se trouve au niveau national. Il est indispensable d'articuler les deux échelles : c'est toute la difficulté de nos luttes.

Les tentatives précédentes d'organisations nationales

Ce n'est pas la première fois que ce constat s'impose aux collectifs en lutte contre les démolitions. Il y a 10 ans déjà, en 2008, une coordination nationale contre les démolitions imposées avaient émergé. Malgré le soutien de la Fondation Abbé Pierre et de l'Association Internationale de Techniciens, Experts et Chercheurs (AITEC), cette coordination nationale n'a pas duré. La fragilité structurelle des collectifs d'habitants et les conflits internes ont souvent été évoqué comme les raisons de l'arrêt de cette coordination.

En 2013, une seconde tentative a eu lieu au sein de la coordination Pas Sans Nous. A l'origine c'est la commission pour une réforme radicale de la politique de la ville montée par Marie Hélène Bacqué et Mohammed Mechmache qui avait formulé de nouvelles propositions, dont certaines ont abouti à la loi Lamy de février 2014 qui exige la création des conseils citoyens et la co-construction des projets. Des actions ont été menées au sein de la coordination Pas Sans Nous contre la politique menée par l'ANRU mais aucune campagne nationale contre les démolitions imposées n'a émergé.

Récemment, à l'occasion des événements organisés à l'occasion des 50 ans de la publication du Droit à la Ville, des discussions se sont échangées avec des organisations de Lille, Grenoble, Marseille et région parisienne pour élaborer une nouvelle campagne nationale. Plusieurs textes ont été formulés et une journée de travail a été organisée à l'occasion de l'Université d'été des mouvements sociaux. C'est une opportunité nouvelle pour faire émerger une campagne nationale.

Les conditions d'émergence d'une campagne nationale

Les difficultés des tentatives précédentes de création d'une campagne nationale doivent être analysées. Souvent, les collectifs locaux privilégient les actions locales pour essayer de gagner des petites victoires face à des pouvoirs locaux. Les collectifs locaux sont pris dans leurs actions locales et manquent de ressources pour agir au niveau national. De plus, l'ANRU est un pouvoir très difficile à saisir, caractérisé par ce que l'on appelle la « gouvernance urbaine ».

Nous pensons qu'il est pourtant indispensable de s'attaquer directement à l'ANRU. La question se pose donc des conditions d'émergence d'une campagne nationale. La première étape est de réussir à identifier les collectifs en lutte et d'établir un dialogue entre ces collectifs. C'est ce qui a commencé à Nanterre en mai 2018 et à Grenoble au mois d'Août 2018. Il s'agit ensuite de se mettre d'accord sur ce qu'il est possible de faire ensemble. A ce jour, plusieurs textes ont commencé à circuler (celui d'APPUII, celui de l'APU de Fives et l'appel du 16 Juin de notre collectif...).

Le texte d'APPUI a formulé trois revendications principales : le référendum en cas de démolition imposées, la revendication du fond d'interpellation citoyenne pour renforcer les collectifs en lutte et remettre les conditions de logement au centre des projets (à préciser). Ces revendications continuent d'être discutées au sein de chaque collectif.

La rencontre de Grenoble a permis également de dégager de nombreuses autres propositions :

-faire le lien avec le collectif APL et la lutte contre la loi ELAN

-organiser une journée d'action commune afin d'interpeller l'ANRU, dans chaque ville ou au siège de l'ANRU, cette fin d'année avant la signature des conventions.

- se saisir des élections de locataires pour mener une campagne nationale contre les démolitions imposées

- refaire un tour de France des quartiers au printemps 2019 qui aboutirait à une nouvelle conférence de consensus et une campagne d'interpellation en direction de l'ANRU et des pouvoirs locaux qui pourrait faire pression lors des campagnes municipales de 2020.

Il a été également proposé de discuter des alliances possibles avec d'autres mouvements afin de gagner en visibilité et d'élargir le mouvement. Par exemple, la rencontre de Grenoble a permis d'établir un premier dialogue avec des activistes des communs et du municipalisme. Au sein de notre collectif, il existe également des propositions de renforcer nos propositions sur les injustices environnementales de certains projets de démolitions.

L'ensemble des textes sont consultables à cette adresse ainsi que la vingtaine de propositions formulées à Grenoble (voir https://hackmd.lescommuns.org/s/SyO6rd5vQ#)

Nous proposons de continuer à discuter de ces propositions au sein des différents collectifs et organisations afin de faire émerger dans les prochaines semaines une vision commune et un plan d'action 2018-2020 dans le but de faire pression sur l'ANRU.

Voici une première proposition à retravailler :

-novembre 2018: discussion des propositions et du plan d'action au sein de chaque collectif

-novembre / décembre 2018 : participation aux élections de locataires pour dénoncer les démolitions imposées

-printemps 2019 : lancement d'un tour de France des collectifs contre les démolitions imposées pour documenter chaque réalité de terrain, recueillir les propositions et revendications.

-automne 2019 : organisation d'une conférence de consensus « Justice dans les projets urbains » avec remise d'un rapport à l'ANRU et au gouvernement.

-novembre 2019 : nouvelle journée d'action face à l'ANRU

-printemps 2020 : campagne de plaidoyer contre les démolitions et pour une transition urbaine démocratique à l'occasion des élections municipales.

Solidairement,

Le collectif contre les démolitions imposées de La Villeneuve de Grenoble

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