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RETOUR SUR L'OUVERTURE DE LA SEMAINE DU DROIT A LA VILLE

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MARDI 13 MARS 18H à la Cafet' de l'IUGA (14 av. Marie Reynoard 38000 Grenoble)

Introduction

Cette soirée d'ouverture de la semaine d'action pour le Droit à la Ville s'est déroulée à l'Institut d'Urbanisme et de Géographie Alpine (IUGA) à proximité de la Villeneuve de Grenoble. La première question était : « comment avez-vous découvert de le Droit à la Ville ? Qu'est ce que cela représente pour vous ? »

«J'habite à la Villeneuve, pour moi le droit à la ville c'est avoir droit à des services publics, le droit de se loger et de participer » 

«J'ai connu le Droit à la Ville lors de mes études. J'ai étudié Henri Lefebvre »

«J'habite à Naples c'est une ville emblématique »

«Participer au frémissement, participer aux instances »

«Le mot droit m'interroge, qu'est ce que le Droit 

«J'ai découvert l'année dernière lors des rencontres sur le Droit à la Ville »

«En lien avec la réflexion sur le pouvoir des ville, égalité, on est d'où on vit, manifeste pour vivre ici »

«J'avais entendu parler de ce terme il y a longtemps, je m’intéresse au travail du commun »

«J'ai découvert le droit à la ville lors d'un mémoire universitaire, je m'étais dit ca doit être compliqué

«J'en ai entendu parler lors du Forum social Mondial de Tunis »

«Je suis arrivé de Beyrouth il y a 2 jours, je suis là pour apprendre découvrir, pour moi ce concept n'est pas très concret. Un lien avec le droit aux communs ? »

«J'ai découvert le Droit à la Ville il y a 20 ans et depuis c'est devenu un sujet de recherche en sociologie, c'est un instrument de lutte »

«Pour moi le droit à la ville c'était d'abord pour les gens de milieu rural, il y a aussi le Droit au quartier, avons nous le Droit à la Villeneuve ? » ,

«Je ne me suis jamais penché là dessus, quand je suis arrivé à Grenoble c'était une ville agréable, un peu provinciale, la ville est à échelle humaine, rapport avec Marseille

«J'ai découvert le Droit à la Ville à Marseille lors de la lutte contre le projet Euro-méditerranée qui expulsait les habitants du centre-ville »

Présentation de la démarche

Fin septembre 2017, nous avons rédigé un appel à l'organisation d'activités autogérées et décentralisées autour du Droit à la Ville qui s'est diffusé en France par différents canaux :

« Depuis cinquante ans, le "Droit à la Ville" élaboré par le philosophe et sociologue Henri Lefebvre n'a cessé de se diffuser dans le monde grâce aux actions des activistes urbains et aux travaux des chercheurs universitaires qui ont mobilisé cette notion pour lutter contre les expulsions et les inégalités socio-spatiales, pour revendiquer l'amélioration des conditions de vie dans les quartiers et élaborer une perspective critique du développement urbain. La diffusion du Droit à la Ville a été mondiale et fulgurante, se diffusant aussi bien dans des mouvements sociaux qu'au sein des communautés d'experts et de chercheurs qui travaillent sur les villes. Tout cela questionne le déplacement du concept élaboré par Henri Lefebvre et son actualité aujourd'hui. »Nous appelons toutes personnes, collectifs ou institutions intéressés par la question du Droit à la Ville à participer à l'organisation d'évènements et d'actions en mars 2018 pour fêter les 50 ans du Droit à la Ville. Nous souhaitons organiser ces évènements de façon ouverte, décentralisée et coordonnée, en croisant si possible monde académique, associatif et militant. Si vous souhaitez proposer une ou plusieurs activités dans votre quartier, dans votre ville ou votre université, n'hésitez pas à nous le faire savoir pour que l'on constitue une ébauche de programme au cours de cet automne. (extrait d'un message électronique envoyé en septembre 2017)

A Grenoble, un message a commencé à circuler à partir d'octobre 2017 intitulé « Préparation des 50 ans du Droit à la Ville à Grenoble »

Depuis plusieurs semaines, des messages circulent pour organiser des évènements autour du cinquantième anniversaire du Droit à la Ville formulé par le philosophe et sociologue Henri Lefebvre. Pour le moment, des initiatives sont en préparation à Grenoble, Lille, Paris, Montreuil, Nanterre, Tours, Caen, Lyon, Marseille... !

A Grenoble, plusieurs personnes et collectifs se sont dit prêts à organiser des évènements autour des luttes urbaines, des migrations, de la rénovation et la gentrification des quartiers populaires. Ces propositions s'inscrivent en partie dans le prolongement des rencontres organisées en mars 2017 (voir https://frama.link/0QsLBTdu). L'organisation se veut complètement ouverte et toutes les propositions sont évidemment les bienvenues.

Nous voulons nous inscrire dans la perspective radicale du Droit à la Ville d'Henri Lefebvre pour comprendre les transformations de la ville néolibérale et imaginer son dépassement à travers les luttes urbaines. Localement il s'agit, par exemple, d'identifier les liens entre les phénomènes de ségrégation et les transformations urbaines à travers la rénovation de la Villeneuve, la gentrification de St Bruno, la technopole, les conflits pour la reconnaissance et le droit à la ville des migrants….

Pour commencer, nous proposons de construire ensemble un programme en mars 2018 à Grenoble en recueillant diverses propositions, ateliers, conférences, actions & manifestations. Nous envisagerons ensuite les articulations à faire entre les différentes propositions pour élaborer une critique du développement urbain actuel à Grenoble et organiser des actions qui tendent vers une réalisation du Droit à la Ville.

(extrait d'un message électronique envoyé en octobre 2017)

Il y a eu ensuite une présentation de la démarche intitulée « traversées exploratoires » qui s'inspire du workshop réalisé avec Pascal Nicolas Le Strat en mars 2017 dont nous pouvons rappeler ici quelques éléments de présentation :

« Nous avons estimé qu'il serait bon d'organiser une rencontre à géométrie variable avec un groupe élastique qui s'élargit ou rétrécit au grès des disponibilités de chacun, l'enjeu étant d'éprouver notre capacité à transiter d'un événement à l'autre, à tracer des lignes et des bords entre les rencontres au programmes en vue de prendre le pouls de ce qui s'y joue, et d'interroger au passage la manière dont ces situations nous impliquent.

Nous avons tous tissé des liens plus ou moins ténus ou resserrés avec les collectifs (associatifs, militants, institutionnels) qui vont s'exprimer au cours de cette semaine. Nous sommes tous engagés, à des degrés variables, sur les différentes scènes qui accueillent et confrontent leurs prises de parole. La possibilité d'assister aux manifestations en parfaits inconnus étant exclue, nous pouvons cependant choisir de modifier très légèrement nos façons de participer à chacune de ces rencontres. S'attarder en dénombrant les différents statuts qu'on investit dans la situation en cours, ne faire que passer en exploitant cette furtivité pour capter des choses qu'on ne voit pas lorsqu'on a sa place ou qu'on la prend dans l'événement, ces légers décalages peuvent adopter toute sorte de formes... L'idée de ces deux jours de « transitionnement exploratoire » est de pouvoir explorer à la fois nos positions de participants et nos conditions de narrateurs en faisant de notre manière de traverser l'événement une expérience à raconter. Que doit-on attendre de ces récits ? Comme le suggère Pascal Nicolas-Le Strat, rien d'autre, peut-être, que le plaisir de les produire et de les partager en assumant leur irrésolution et en prenant le parti de ce qu'ils nous obligent à faire et à défaire :

« Faire le récit d'une expérience consiste à mettre au travail les nombreuses variantes et variations qui ne manquent pas de survenir au moment de la narration. [...]. Concevoir et conduire un récit, c'est manifester notre capacité à faire jouer les différences – à les solliciter – à l'intérieur même de notre propre récit. Une question surgit là où nul ne l'attendait ; une interprétation entrouvre un horizon jusqu'alors inaperçu. Le récit et l'auteur du récit deviennent alors “surface d'inscription, chambre d'écho, membrane sur laquelle rebondissent, souvent à [leur] insu, les projections multiples de tous”. Comment se situer dans ce flux d'images et de paroles, de commentaires et de questionnements ? Comment apprivoiser cette multiplicité inhérente à n'importe quel récit d'expérience – cette multiplicité intempestive, dérangeante, créative ? Déjà, peut-être, en nous défaisant de cette propension à démontrer et à expliquer, spontanément associée à l'acte de narration : une position de pouvoir à laquelle nous aspirons mais, aussi, en symétrie, une position à laquelle nos interlocuteurs nous assignent. Expliquez-vous ? Quelle solution apportez-vous ? Quels enseignements tirez-vous de cette expérience ? [...]. Pourquoi exiger [du récit] ce qu'il ne parviendra jamais à atteindre – le pouvoir d'apporter une réponse, le pouvoir de conclure – alors qu'il tire sa puissance, au contraire, de son irrésolution. [...]. En emboîtant le pas à François Deck, nous dirions que le récit d'expérience apporte, en premier lieu, une lisibilité à un problème (à des problèmes) à partir de leur transfiguration dans une forme questionnante. En ce sens, les récits “potentialisent des mobilisations de sens, des technologies intellectuelles, des rassemblements de personnes et des moyens partageables”. Ils facilitent la formulation des questions plus qu'ils n'apportent de solutions ou n'imposent leur enseignement. Et c'est bien en procédant ainsi, en favorisant des lectures insolites et intempestives, que le récit d'expérience parvient “à faire taire les prophètes et les législateurs, tous ceux qui parlent pour les autres et en avant des autres”.1»

(extrait de l'invitation aux transitionnements exploratoires, mars 2017)

Cette année, la démarche «traversées exploratoires » était une invitation à parcourir les évènements de la semaine en récoltant des récits, des photos, des éléments de « compte-rendu », des pensées, réflexions...
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Il a été rappelé qu'il s'agissait d'un semaine « autogérée ». Sa réussite dépendait de l'apport et possibilité de chacun. Des grands panneaux de carton pouvait servir de support et de mémoire collective en vue de la « récolte » mais il était possible de proposer d'autres formes et même d'autres temps de rencontre, des moments ou évènements que ceux inscrits dans le « programme ». Ainsi, l'association « Les Passeurs » a proposé d'écrire des petits carnets pour prendre des notes, cueillir des mots, dessiner, partager des questions « De quoi le Droit à la Ville est-il le nom ? Comment cela résonne t-il pour vous ? Puis, un temps de rencontre a été ajouté au « programme » le vendredi à 14h pour collecter et assembler mes contributions au 15 chemin des Tournelles.

Sahbi et Christiane ont également proposé de prendre des photos tout au long de la semaine.

Présentation de la publication « Le Droit à la Ville » par Morgane Cohen

Le passage de témoin avec les rencontres de l'année dernière a été symbolisé par une présentation de la publication intitulé « Le Droit à la Ville » par Morgane Cohen.

Cette première soirée s'est terminée autour d'un apéro. En règle général, ces temps n'apparaissent rarement dans les «compte-rendu » alors qu'ils prolongent la discussion et participent à la « production de sens ». Par exemple, on s'est demandé pourquoi il y avait une si faible participation des étudiants et des chercheurs en urbanisme ou géographie alors qu'elle avait lieu dans leurs espaces quotidiens ?

Plus d'infos : asso.planning@gresille.org