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Transitionnement exploratoire avec Pascal Nicolas-Le Strat

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Du mercredi 8 mars au jeudi 9 mars avec Pascal Nicolas-Le Strat (place limitée, réservation conseillée en envoyant de préférence un petit texte exploratoire à asso.planning@gresille.org...)

Durant ces premiers jours du mois de mars 2017 où la question de la transition va être à l'honneur, nous avons estimé qu'il serait bon d'organiser une rencontre à géométrie variable avec un groupe
élastique qui s'élargit ou rétrécit au grès des disponibilités de chacun, l'enjeu étant d'éprouver notre capacité à transiter d'un événement à l'autre, à tracer des lignes et des bords entre les rencontres au programmes en vue de prendre le pouls de ce qui s'y joue, et d'interroger au passage la manière dont ces situations nous impliquent.

Nous avons tous tissé des liens plus ou moins ténus ou resserrés avec les collectifs (associatifs, militants, institutionnels) qui vont s'exprimer au cours de cette semaine. Nous sommes tous engagés, à des degrés variables, sur les différentes scènes qui accueillent et confrontent leurs prises de parole. La possibilité d'assister aux manifestations en parfaits inconnus étant exclue, nous pouvons cependant choisir de modifier très légèrement nos façons de participer à chacune de ces rencontres. S'attarder en dénombrant les différents statuts qu'on investit dans la situation en cours, ne faire que passer en exploitant cette furtivité pour capter des choses qu'on ne voit pas lorsqu'on a sa place ou qu'on la prend dans l'événement, ces légers décalages peuvent adopter toute sorte de formes...

L'idée de ces deux jours de « transitionnement exploratoire » est de pouvoir explorer à la fois nos positions de participants et nos conditions de narrateurs en faisant de notre manière de traverser l'événement une expérience à raconter. Que doit-on attendre de ces récits ? Comme le suggère Pascal Nicolas-Le Strat, rien d'autre, peut-être, que le plaisir de les produire et de les partager en assumant leur irrésolution et en prenant le parti de ce qu'ils nous obligent à faire et à défaire : « Faire le récit d'une expérience consiste à mettre au travail les nombreuses variantes et variations qui ne manquent pas de survenir au moment de la narration. [...]. Concevoir et conduire un récit, c'est manifester notre capacité à faire jouer les différences – à les solliciter – à l'intérieur même de notre propre récit. Une question surgit là où nul ne l'attendait ; une interprétation entrouvre un horizon jusqu'alors inaperçu. Le récit et l'auteur du récit deviennent alors “surface d'inscription, chambre d'écho, membrane sur laquelle rebondissent, souvent à [leur] insu, les projections multiples de tous”. Comment se situer dans ce flux d'images et de paroles, de commentaires et de questionnements ? Comment apprivoiser cette multiplicité inhérente à n'importe quel récit d'expérience – cette multiplicité intempestive, dérangeante, créative ? Déjà, peut-être, en nous
défaisant de cette propension à démontrer et à expliquer, spontanément associée à l'acte de narration : une position de pouvoir à laquelle nous aspirons mais, aussi, en symétrie, une position à laquelle nos interlocuteurs nous assignent. Expliquez-vous ? Quelle solution apportez-vous ? Quels enseignements tirez-vous de cette expérience ? [...]. Pourquoi exiger [du récit] ce qu'il ne parviendra jamais à atteindre – le pouvoir d'apporter une réponse, le pouvoir de conclure – alors qu'il tire sa puissance, au contraire, de son irrésolution. [...]. En emboîtant le pas à François Deck, nous dirions que le récit d'expérience apporte, en premier lieu, une lisibilité à un problème (à des problèmes) à partir de leur transfiguration dans une forme questionnante. En ce sens, les récits “potentialisent des mobilisations de sens, des technologies intellectuelles, des rassemblements de personnes et des moyens partageables”. Ils facilitent la formulation des questions plus qu'ils n'apportent de solutions ou n'imposent leur enseignement. Et c'est bien en procédant ainsi, en favorisant des lectures insolites et intempestives, que le récit d'expérience parvient “à faire taire les prophètes et les législateurs, tous ceux qui parlent pour les autres et en avant des autres”.1 » (in Nicolas-Le Strat Pascal, « Le récit d'expérience » in Expérimentations politiques, Edition Fulenn, 2007, p. 92 à 94 également consultable en ligne : http://www.le-commun.fr/index.php?page=le-recit-d-experience)

Nous fixerons un point de départ à nos cheminements, ce premier temps sera aussi l'occasion d'un moment de respiration et de rencontre, au-delà de nos statuts respectifs, pour partager différentes clefs de lecture et quelques premières lignes griffonnées sur un brouillon commun qui laissent place à l’émergence. A l'issue des deux jours, nous prendrons un moment pour partager ce que nous avons vécu. Il peut s'agir d'un récit oral, d'un texte, d'un croquis, d'une carte, d'une série de photos, le jeu est ouvert... Puis nous laisserons reposer ces petits moments de transition.

*** Point sémentico-poétique ***

TRANSITION. Passage d'un état à un autre. Fait de passer graduellement d'un état à un autre.

ASTROLOGIE. Passage d'une planète dans un lieu du ciel de l'horoscope.

BIOLOGIE. Mutation consécutive à un changement dans la séquence d'une paire de nucléotides dans une molécule d'ADN.

PHYSIQUE. Transition quantique. Passage d'un système quantifié depuis un état stationnaire jusqu'à un autre ; Transition nucléaire. Pour un système nucléaire, transformation nucléaire ou changement d'état énergétique par émission ou absorption d'un photon, d'un électron orbital ou d'une paire électron-positron.

CINÉMA. Procédé qui correspond au passage d'un plan à un autre: enchaîné, fondu, volet, etc.

LITTÉRATURE. Procédé qui consiste à lier en quelque manière, dans le passage d'un sujet à un autre, d'un paragraphe ou d'un chapitre à un autre, ce que l'on vient de traiter à ce que l'on va traiter.

MUSIQUE. Passage d'un ton à un autre.

ARTS. Style de transition. Période qui se place entre l'épanouissement de deux styles.

GÉOLOGIE. Passage d'une formation géologique à une autre.

LINGUISTIQUE. Transition phonétique. Passage, dans la chaîne parlée, du point d'articulation caractérisant un phonème au point d'articulation qui caractérise le phonème suivant.

PÉDAGOGIE. Classe de transition. Jusqu'en 1976 dans le premier cycle de l'enseignement secondaire, classe accueillant les élèves dont le niveau était jugé insuffisant.

PHILOSOPHIE. Phase particulière de l'évolution d'une société, celle où elle rencontre de plus en plus de difficultés, internes ou externes, à reproduire le système économique et social sur lequel elle se fonde et commence à se réorganiser, plus ou moins vite et plus ou moins violemment sur la base d'un autre système qui, finalement, devient à son tour la forme générale des conditions nouvelles d'existence.

SOCIOLOGIE. Transition démographique. Schéma d'évolution démographique n'ayant pas encore atteint le niveau d'une théorie.

INFORMATIQUE. Intervalle de temps pendant lequel un signal ou un automate fini change d'état.

PSYCHOLOGIE. Objet transitionnel. Objet que le sujet traite comme étant à mi-chemin entre luimême et une autre personne, typiquement une poupée ou un chiffon que l'enfant chérit et qu'il utilise comme réconfort mais qui n'a pas à être traité avec la considération appropriée à une personne.

ÉCOLOGIE : Le concept de transition écologique, créé par Rob Hopkins, regroupe un ensemble de principes et de pratiques formées à partir des expérimentations et des observations d'individus, de
groupes, de villages, villes ou communes, lorsqu’ils ont commencé à travailler sur les problématiques de résilience locale, d'économie en boucle et de réduction des émissions de CO2. Ces principes ont été déclinés dans les domaines de l’agriculture (permaculture), les usages dans les villes (avec le mouvement des villes en transition) ou plus généralement avec le principe de résilience. [Wikipédia]

Définitions trouvées dans le TLF, dictionnaire gratuit , à l'article « transition ».

Cet article ne comporte pas « écologie ». « Transition écologique » n'a été trouvé nulle part. La liste des pratiques auxquelles la notion de transition peut être appliquée est donc ouverte :
EXPLORATION, URBANISME...